Georges Lissac, l’avant-gardiste

 

Son parcours
 

Georges Lissac est né le 11 novembre 1897 au cœur de la ville de Morez, située dans le Haut-Jura. À l’âge de 13 ans, il entre à l’École Pratique d’Industrie et de Commerce où il reçoit en plus de l’enseignement général, des cours d’anatomie et de pathologie oculaire. À la sortie, il décide de se lancer dans le métier d’opticien. Homme talentueux, admiré par certains et jalousé par les autres, il n’hésite pas à proposer des lunettes à la criée devant les usines de Renault automobiles. Il ouvre en 1938, le plus grand magasin d’optique du monde au 114 rue de Rivoli à Paris. Il doit son succès lorsqu’en 1946 il décide de fabriquer une monture faite uniquement à partir d’un « fil de fer », la monture Amor.

Innovation en matière d’optique


Georges Lissac a pris conscience très tôt de l’importance de l’examen de la vue dans la profession d’opticien.

Il a fait partie de l’un des premiers opticiens à équiper ses magasins, en commençant par son mégastore situé rue de Rivoli, d’un appareil à réfraction, le Réfractor, qu’il a ramené lors d’un voyage aux États-Unis. Cet appareil ultrasophistiqué permet de réaliser l’examen approfondi des yeux et de la vue. Muni de plusieurs sphères oculaires mobiles, le patient voyait défiler devant son œil différents verres successifs jusqu’à la correction idéale souhaitée.



Cet appareil qui aujourd’hui peut nous paraître banal était au moment de son installation dans les magasins des frères Lissac, révolutionnaire par sa précision. En effet, la plupart des opticiens de l’époque utilisaient une mallette d’essai qui consistait à déterminer la correction en faisant défiler, de manière manuelle, différents verres devant les yeux du patient jusqu’à l’obtention d’une correction optimale. Cette manipulation demandait plus de temps et était un peu moins précise.
Georges Lissac n’a pas hésité d’ailleurs à mettre en scène le Réfractor dans les campagnes de publicité, qui étaient omniprésentes dans le métro. Le slogan qui l’accompagnait et qui ne cessait de passer sur les ondes radio était « lunettes toujours parfaites à prix honnêtes ».
Ce type de publicité a provoqué un choc culturel auprès du grand public. En effet, le design futuriste de l’appareil et ses fonctionnalités marquaient une étape décisive dans l’avancée du métier d’opticien.