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l'opticien Lissac

Rétinopathies diabétiques :
quand l’excès de sucre atteint la vue

La rétinopathie diabétique, maladie de l’œil due à un excès chronique de sucre dans le sang, touche 1 million de personnes en France. Elle peut provoquer une baisse importante de la vision et même la cécité. Le Dr Dominique Pawlak, ophtalmologue, vous explique comment la traiter et mieux… l’éviter.

Les rétinopathies diabétiques : comment se développent-elles ?

A long terme, un taux de sucre sanguin trop élevé endommage les capillaires situés au niveau de la rétine. La rétinopathie diabétique est une complication de cette hyperglycémie chronique, caractéristique du diabète.

L’atteinte " centrale ", qui concerne la macula, se présente généralement sous la forme d’un œdème dû à la perte d’étanchéité des micro-vaisseaux. L’atteinte " périphérique ", autour de la rétine, provient de leur occlusion et peut engendrer une ischémie : des capillaires anormaux appelés néo-vaisseaux prolifèrent. Des complications, telles des hémorragies intra-oculaires, peuvent alors survenir.

Qui est concerné ?

La rétinopathie diabétique peut s’installer brutalement chez un sujet jeune qui n’a pas été traité pour un diabète dépendant à l’insuline. Elle reste toutefois plutôt typique du senior d’une soixantaine d’années souffrant depuis plusieurs années d’un "diabète de l’âge mûr", ou diabète non-insulinodépendant. La survenue de l’affection est alors facilitée par une hyperglycémie mal maîtrisée, une mauvaise observance du traitement ou une hypertension artérielle associée.

Comment s’aperçoit-on que l’on souffre d’une rétinopathie diabétique ?

Le patient ne peut généralement se rendre compte lui-même de sa rétinopathie diabétique qu’à un stade avancé de la maladie, lorsque sa vision a baissé. Des difficultés à la lecture ou des opacités dans le champ de vision apparaissent parfois plus précocement. Heureusement, la grande majorité des patients diabétiques bénéficie régulièrement d’un "fond d’œil", examen qui permet de repérer les dommages sur la circulation rétinienne avant que la rétinopathie n’affecte gravement la vue.

Quels sont les examens nécessaires pour poser le diagnostic ?

Le fond d’œil se révèle généralement suffisant. L’angiographie, en colorant les vaisseaux capillaires de l’œil, permet éventuellement à l’ophtalmologue de voir plus précisément les anomalies.

Quels sont les traitements actuels d’une rétinopathie diabétique et les moyens de s’en préserver ?

Le traitement dépend de la forme de rétinopathie. Nous empêchons les néo-vaisseaux de proliférer soit par leur photocoagulation au laser, soit par l’injection dans le vitré d’anti-VEGF, une substance médicamenteuse qui inhibe le facteur de croissance de ces capillaires anormaux.

L’œdème est ainsi réduit, la baisse de vision, stabilisée. Associer ces traitements à une maîtrise de la glycémie est capital. Côté prévention, la mesure de l'hémoglobine glyquée et son maintien à une valeur inférieure à 7 % représente la mesure la plus efficace. S’y ajoutent la surveillance de la tension artérielle, tenue inférieure ou égale à 14/8, et la pratique régulière du fond d’œil.