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l'opticien Lissac

L'ophtalmie des neiges : attention les yeux !

En montagne, et notamment lors des sports d'hiver, il est impératif de protéger vos yeux. En effet, la réverbération du soleil sur la neige peut irriter votre cornée et vous obliger à rester enfermé quelques jours… Le point sur une affection méconnue mais réelle, avec le docteur Emmanuel Bui Quoc, ophtalmologiste.

Qu'est-ce que l'ophtalmie des neiges ?

Il s'agit d'une brûlure de la cornée, le plus souvent bilatérale (touchant les deux yeux). Elle est due à une exposition importante aux ultra-violets, le plus souvent en milieu enneigé et par temps clair. Néanmoins, elle peut aussi survenir par temps nuageux, chez des personnes ne protégeant pas leurs yeux.

 

Quels en sont les symptômes ?

Le plus souvent, les symptômes apparaissent seulement 4 à 6 heures après l'exposition. On ressent une douleur oculaire, des larmoiements, une fermeture réflexe des paupières (blépharospasme), et une photophobie (forte sensibilité à la lumière).

Quels sont les risques ?

Bien que très douloureuse et fortement désagréable, l'ophtalmie des neiges reste une pathologie bénigne qui guérit généralement sans séquelles, dans les 24 à 48 heures.

Il existe cependant un risque de surinfection sur une cornée fragilisée, avec kératoconjonctivite (inflammation de la conjonctive et de la cornée), pouvant alors nécessiter une antibiothérapie locale.

Existe-t-il des traitements ?

En cas d'ophtalmie des neiges, l'exposition solaire est à proscrire. Toutefois, les patients s'y risquent rarement, étant donné la douleur provoquée par la lumière…
Un traitement symptomatique lubrifiant par des collyres visqueux (carbomère, acide hyaluronique) et une pommade ophtalmique, comme la vitamine A, est à instaurer pendant 4 à 5 jours.

Quelques conseils préventifs ?

Il est impératif de porter des lunettes de soleil filtrant 100 % des rayons UV A et B, et proposant une teinte diminuant le flux de lumière capté par l'œil (jaune, par exemple). Il convient donc d'utiliser des verres classe 3 ou 4. En effet, ils atténuent considérablement la transmission de la lumière :

  • de 8 à 18 % pour les verres de classe 3
  • de 3 à 8 % pour les verres de classe 4

Attention : les verres de classe 4 proscrivent la conduite automobile. D'autre part, il n'y aucun lien entre la teinte plus ou moins foncée des verres et les filtres UV. Ainsi un verre, même très foncé, peut avoir une mauvaise qualité de filtration.
Enfin, les verres dits polarisants diminuent la réverbération de la lumière.