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l'opticien Lissac

Décollement de la rétine : des symptômes
à prendre au sérieux

Le décollement de la rétine débute souvent par la simple apparition de petits points sombres flottant dans le champ de vision. Il atteint principalement les personnes entre 50 et 70 ans. Le docteur Ramin Tadayoni, ophtalmologiste et chirurgien, fait le point sur cette pathologie courante.

Qu'appelle-t-on décollement de la rétine ?

Il s'agit d'une atteinte de la rétine, caractérisée par une accumulation de liquide qui la sépare de la couche sous-jacente : l'épithélium pigmentaire. En général, les décollements de rétine (DR) sont dus à une déchirure de celle-ci, induite par le décollement du vitré (substance gélatineuse située à l'arrière du bulbe de l'œil). Il s'agit alors d'un phénomène courant avec l’âge, à ne pas confondre avec le DR.
 

Comment en reconnaître les symptômes ?

Les premiers symptômes sont en général les signes du décollement vitréen : perception de multiples petits points sombres flottant devant les yeux (décrites par exemple comme des "mouches volantes" par les patients) ou des phénomènes lumineux d'intensité très variable ("flashs"). Ces signes n'induisent pas une déchirure ou un décollement rétinien, mais traduisent simplement l’existence d’un décollement du vitré avec, éventuellement, une traction sur la rétine.

Les signes du DR apparaissent typiquement quelques jours après les signes vitréens. Mais ils peuvent être initiaux, si ces derniers n'ont pas été perçus : apparition d’une zone sombre dans le champ visuel correspondant au secteur décollé de la rétine, avec effondrement de l'acuité visuelle quand la macula (le centre de la rétine) est atteinte.

Certains facteurs favorisent-ils l'apparition d'un décollement de la rétine ?

La majorité des DR sont sans facteur favorisant. Les traumatismes et la chirurgie oculaire peuvent les induire. Il peut aussi y avoir une tendance héréditaire : soit dans un cadre syndromique (maladies héréditaires du vitré et de la rétine), soit de manière isolée, sans même présence de myopie (facteur de risque le plus connu).

Certaines personnes sont-elles plus à risque ?

Un DR peut toucher tout le monde. Mais il survient le plus souvent entre 50 et 70 ans (sans cause évidente), avec un autre pic de fréquence, beaucoup moins marqué, entre 10 et 30 ans (âges des traumatismes et de l’expression des complications des maladies du vitré et de la rétine). Les hommes sont un peu plus souvent atteints que les femmes. Les personnes myopes sont aussi plus à risque (en raison d’anomalies des interactions vitré – rétine, surtout dans le cas des yeux fortement myopes).

Quels en sont les traitements ?

Le traitement d'un DR est en général chirurgical et repose sur l'obturation des déchirures. Deux techniques sont principalement utilisées. L'indentation (suture d’un matériel à l’extérieur de l’œil en regard de la déchirure), ou la vitrectomie (extraction du vitré, traitement de la déchirure et stabilisation par l’intérieur de l’œil). On peut ainsi obtenir la guérison avec une seule opération dans plus de 90 % des cas. Avec plusieurs opérations, ce taux atteint près de 98 %.

La récupération visuelle qui suit dépend de l’importance de l’atteinte et la durée de persistance du décollement. La principale cause d'échec du traitement est la prolifération vitréorétinienne (réaction de cicatrisation excessive et non contrôlable de la rétine). Un autre facteur est le décollement de la macula.

Ainsi, la chirurgie d’un DR aura d’autant plus de chance de réussir si elle est réalisée rapidement. D’où l’importance de consulter dans les 24 h en cas d'apparition des symptômes

Quelques conseils pour prévenir l'apparition d'un décollement de la rétine ?

Il faut consulter régulièrement son ophtalmologiste, surtout si on a un terrain à risque. Dans certains cas, il pourra proposer des traitements préventifs au laser.
Il est également recommandé d'éviter les traumatismes oculaires (protection adaptée pour certains métiers, sport et durant les bricolages).
Enfin, en cas de symptômes récents de décollement du vitré, ou de DR, consulter en "urgence" son ophtalmologiste ou un centre de chirurgie de la rétine (ces opérations complexes ne sont pas pratiquées la nuit; la consultation peut donc attendre le matin suivant).